Pierre Desproges : Pour le villageois qui s’ennuie, la mort d’une voisine est toujours une aubaine.
22,30 mn – 2010 – Format HD : ” Chronique d’un village ordinaire”

Quand René Depestre déclare lors d’une conférence à la bibliothèque francophone de Limoges : Ce dont l’Homme a besoin ce n’est pas de mondialisation mais de mondialité ; quand Pierre Rabhi écrit : Ce n’est pas d’humanitaire mais d’humaniste que les hommes ont besoin ; quand l’urbanité a été délaissée au profit de l’urbanisation, la ruralité a masqué une ruralisation absolue.
J’ai quitté ma terre natale parce que je ne la reconnaissais plus. L’uniformité avait tué la diversité et l’humanité. Ma terre était devenue vide, vide de vie, vide de sens. Mes yeux voyaient loin. Les haies et les forêts avaient été arrachés. Inutiles. Inutiles aussi les paysans remplacés par quelques agro-industrielles. Adulte, j’ai eu le sentiment d’avoir été dépouillé de mes images d’enfance et de mon patrimoine. Moi aussi j’ai déserté. Je suis parti ailleurs. Cg
La biodiversité s’exprimait dans l’agriculture par cette multitude de fermes en polyculture-élevage. La mécanisation devait affranchir l’homme de certains labeurs mais elle a produit son exact contraire. En parallèle, la télévision a incité les individus à s’isoler. Une bombe à retardement.
Le lien social rompu, la roue du tracteur a fini de couper l’homme du sol et la campagne est devenue un outil de spéculation pour les uns et un espace récréatif pour les autres.