Moi Sanfourche

Grenier de Jean-Joseph Sanfourche - mars 2005

Sanfourche : Quand Robert Doisneau était venu avec une équipe de télévision, le tournage avait duré 2 jours. Là, Christophe Gatineau a travaillé sur ce film pendant plus 6 mois avec beaucoup de minutie et de sérieux, et parfois, je peux dire qu’il est même un peu chiant… Enfin, c’est à ce prix que l’on obtient de bons résultats.

Voir d’autres œuvres de Sanfourche, un extrait du documentaire, son atelier ou le DVD collector.

- J’ai une perception des couleurs qui est différente des autres. Je fais des peintures que je peux voir. Quand je suis à dix mètres, je vois mes peintures ce qui signifie que vous, vous les voyez très bien.


- Cette acuité visuelle, proche de zéro, fait que j’ai dû aller vers une technique qui m’appartient. Ces grands cernes noirs me permettent de voir mes peintures. Je ne vais pas souvent dans les expositions parce que je ne vois pas les peintures. Je suis affecté de la maladie de Vock, une maladie très rare. En Limousin, je suis le seul. J’ai toujours été exceptionnel même pour les maladies.

Napoléon

- Je ne me suis jamais considéré comme un artiste. Je suis un homme qui fait des choses plus ou moins bien mais je n’aime pas le mot artiste. Il ne me viendrait pas à l’esprit de dire que mon activité c’est d’être un artiste.

- Je peux dire que je suis peintre, peintre en bâtiment si on me le demande. Le boulanger donne du bonheur, le charcutier aussi. Nous sommes des gens qui essayons de donner du bonheur aux autres sans pour cela nous prendre au sérieux.

- C’est beau un vrai bleu, pas un bleu de pissotière. Un beau bleu bien intense.

– Le style Sanfourche c’est difficile à décrire…

C’est de se mettre de la peinture sur ses doigts et ses vêtements, partout, ça c’est le style Sanfourche.
Le style Sanfourche, c’est le bordel dans le lieu où il travaille,
mettre un couvercle noir sur un pot rouge et un couvercle rouge sur un pot noir,….

- Je crois que c’était mon destin.
- Si la vie avait été différente, sans la guerre je suis sûr que mon père, qui était lui-même un très bon dessinateur et qui m’a mis des crayons dans les mains dès l’âge de 5 ans, m’aurait dirigé vers une école des beaux-arts. Ma mère aurait préféré que je devienne médecin. Mais d’une certaine manière, je suis devenu médecin, les peintres font une sorte de médecine de l’âme.

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Restes de la cabane de Jean Cacaud dans la forêt de Gentioux en Creuse.

La fin de MOI SANFOURCHE se déroule au cimetière de Gentioux en Creuse, là où repose le sculpteur Jean Cacaud, mort en 1899. Simple tailleur de pierre, nous ne savons rien de sa vie sinon qu’il est né et a vécu toute sa vie durant  sur le plateau de Millevaches.

Jean Cacaud repose au cimetière communal dans une tombe qu’il a sculpté comme plusieurs autres œuvres funéraires. Ses œuvres sont inscrites à l’inventaire des monuments historiques ce qui n’empêchent pas certains collectionneurs de venir “emprunter” les sculptures. Il est à noter que ce petit homme illettré et “étrange” qui se passionnait pour la sculpture, avait été banni par les habitants de Gentioux.

Jean Cacaud termine sa vie dans une cabane au milieu de la foret, comme un ermite. A sa mort, les gens des alentours ont démoli la cabane pour récupérer les pierres et aujourd’hui, on retrouve des morceaux de ses sculptures utilisées comme matériaux de construction dans certains murs de la commune, comme dans celui qui longe la mairie.

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- Bonjour M. Cacaud.
 
Vous nous avez laissé de si belles sculptures. Vous êtes un peu un confrère, moi je fais des têtes qui ressemblent aux vôtres. J’ai l’impression qu’en voyant vos personnages que c’est moi qui les ai sculpté. Je les peindrais bien mais ce serait malhonnête de ma part. C’est très beau, et vous appartenez à ma famille.
 
- Aujourd’hui on dirait que c’est de l’Art brut mais à votre époque il n’en était pas question.