Tête de mule

Mules pyrénéennes

  • Prix spécial du jury au festival Agrifilms de Tunis – 2007
  • Mention spéciale au 8ème festival international du film documentaire sur la ruralité de Ville sur Yron – 2006
  • 2ème prix au festival EPONA de Cabourg – 2001, version 26mn
  • 1er prix au festival audiovisuel des cultures minorisées d’Europe de Aixe-sur-Vienne – 1996, version 13 mn

Sélections officielles
Festival international du film écologique de Bourges – 2006
Festival Cinépause de Donzy (71) – 2006
Festival européen du cinéma et du monde rural de Lama (Corse) – 2006
Festival Image montagne de Pau – 2006
Visages de Martigny – Suisse
7ème Conviviales Art Cinéma et ruralité de Nannay (58)
Cycle des Histoires d’hommes et des histoires d’animaux à la Cité des Sciences et de l’industrie de la Villette – 2007
Festival de cinéma de Bazas « La ruralité d’ici et d’ailleurs » – 2008
Diffusé en 1998 sur CFI, 2000 et 2005 sur Equidia et 2002 / 2003 sur Odyssée

Mules poitevines

Mules poitevines

Résumé : sur les chemins pentus, là où le tracteur ne peut pas passer, là règne en maîtresse la mule et le muletier. Dans les montagnes pyrénéennes, trois hommes, muletiers dans l’âme, clament leur liberté et leurs différences dans une activité vieille de plus 2000 ans ; quand les machines ne peuvent plus accéder, ils viennent faire le travail avec leurs mules. Tourné entre 1996 et 2006. Durée : 60 mn.

Eddy : Chouan, c’est la reine des mules. Quand tu es assis sur elle, tu as l’impression d’être sur un char d’assaut. Tu passes partout.
Michel : on leurs fait faire du boulot de dingue, entre les cailloux, à gauche à droite, d’un coté de l’autre, elles ne refusent pas de travailler, elles ont la gnaque. Là un cheval, il se rebuterait…
Eddy : c’est le travail avec les chevaux de trait qui m’ont donné les bonnes bases. Mais si un cheval tu peux le commander en étant derrière à 100m, avec la mule il faut être devant. Si tu es derrière, dans ce genre de terrain, c’est l’accident.


La mule est un animal domestique hybride et contre nature qui ne se laisse jamais totalement dominer par l’homme. La puissance d’un cheval couplée à la sagesse de l’âne font de la mule un être à part. Frédéric, jeune aspirant au métier de conducteur de mules, apprend le travail au coté de Michel.
Voir un extrait

Article publié dans le catalogue d’EPONA :

Produit de l’hymen entre un âne et une jument, la mule a tout naturellement droit de citer dans ce festival consacré à la gent équine. Têtues, les mules ont la fâcheuse réputation de l’être et Christophe Gatineau tente de nous le démontrer dans cet émouvant documentaire.

Pour cela, il nous entraîne sur les chemins pentus, sinueux et odorants des forêts des Hautes Pyrénées. Là, en des endroits oubliés, des endroits où le tracteur ne peut pas passer, là règne en maîtresse la mule, mais aussi le muletier…

Plus grande que l’âne, dotée d’interminables oreilles, d’un pelage uniforme, d’une croupe droite, d’une queue à peine pourvue de poils et surtout d’un mauvais caractère peu imaginable, telle est la mule.

Sec, une tête au visage émacié et coiffée d’un béret basque ou d’un large feutre noir à bords rabattus, le verbe haut, armé de sa sempiternelle trique et surtout doté d’un mauvais caractère peu imaginable, tel est le muletier.

Ce sont ces deux acteurs, qui, sous nos yeux, vont s’affronter durant vingt-six minutes. Attelée à un énorme tronc d’arbre qu’elle tracte en descendant la montagne ou hissant un lourd traîneau chargé de pierres, la mule peine. Le muscle tendu, la robe trempée de sueur, le souffle court et les oreilles pointées, elle tente l’impossible: déplacer les charges Incroyables qu’on lui impose.

Si la mule peine, l’homme ne se repose pas non plus. Tirant ou poussant tour à tour, il mène son animal à la voix, essayant de lui insuffler la force ou le courage, qui parfois, lui manque. La forêt résonne alors des halètements de la bête et des cris des hommes. C’est l’affrontement entre deux volontés farouches.

Mais ici point de coups. Le muletier partage trop la vie misérable de sa mule pour ne pas l’aimer et la respecter. Non, seuls les caractères s’opposent ici.